Bien que des progrès significatifs soient notifiés en matière de prévention et de prise en charge du VIH/sida, la situation au niveau mondial reste encore préoccupante. En effet, selon le rapport mondial de l’ONUSIDA aujourd’hui plus de 41 millions de personnes sont séropositives ou malades du Sida. Chaque jour de nouvelles infections sont enregistrées dans tous les pays du monde. Cependant, l’Afrique continue à porter le plus lourd fardeau du VIH/SIDA.
Chers compatriotes ;
Le Congo, notre pays n’est pas à l’abri de cette pandémie et aucun département n’est épargné. Les données épidémiologiques actuelles du VIH issues de l’enquête de séroprévalence et les indicateurs du Sida (ESIS-C) réalisée en 2009 nous révèlent :
-Une prévalence de 3,2% chez les adultes de 15 à 45 ans tout sexe confondu. Cette situation est aggravée par la Co – infection tuberculose/ VIH ;
-Un faible taux d’utilisation du préservatif ;
-Une méconnaissance du statut sérologique VIH ou encore prépondérante ;
-Une féminisation de la pandémie car les femmes et les jeunes filles de 15 à 24 ans, âge de la procréation sont les plus touchées.
Mesdames ;
Messieurs ;
En réponse à l’épidémie de VIH /SIDA , le Congo s’est doté de plusieurs plans dont le plus récent est le cadre stratégique national de lutte contre le VIH et le SIDA couvrant la période 2009-2013. Celui-ci vise essentiellement :
-Le renforcement des services de prévention de l’infection à VIH et des infections sexuellement transmissibles, le renforcement des services de prise en charge médicale et psycho- sociale des personnes vivant avec le VIH ;
-La réduction de l’impact du Sida et la promotion des droits humains ;
-L’amélioration du système de suivi et d’évaluation, de recherche et de surveillance épidémiologique ainsi que le renforcement de la coordination, du partenariat et de la gouvernance.
Mesdames ;
Messieurs ;
La campagne mondiale de lutte contre le Sida, axée sur zéro nouvelle infection à VIH, zéro stigmatisation, zéro décès par le VIH est à la fois une initiative pour un meilleur accès de tous aux services de lutte contre le Sida et un appel aux pouvoirs publics pour qu’ils continuent à agir et tiennent leurs engagements.
Il est alors opportun de faire le bilan des progrès accomplis vers l’accès universel depuis l’engagement historique en 2006 de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Dennis SASSOU NGUESSO aux Nations Unis pour intensifier la riposte à VIH/Sida.
La déclaration de la gratuité du VIH/Sida instauré en 2007, a donné une autre vision à la lutte contre le Sida dont l’impact a commencé à se faire sentir en 2009. Ainsi, la séroprévalence chez les adultes de 15 à 49 ans s’est stabilisé de 4,2% en 2005 à 3,2% en 2009.
Ce résultat a été acquis grâce au concours de tous les acteurs à savoir : société civile, secteurs connexes, secteur santé, et partenaires au développement.
Il est essentiel de reconnaître que l’accès gratuit aux services de prévention, de dépistage, de prise en charge et au suivi des personnes vivant avec le VIH, a donné espoir aux congolais qui, de nos jours n’hésitent plus à se faire dépister pour connaître leur statut sérologique VIH. Ainsi, au cours de cette année 2011, plusieurs ONG ont intensifié la sensibilisation et 42 nouvelles structures ayant permis à 36.612 personnes d’entreprendre la démarche du dépistage volontaire et de connaître leur statut sérologique.
La mise en place de 32 unités hospitalières a permis à 16.579 personnes de bénéficier gratuitement d’un traitement anti rétroviral. Ce traitement est désormais offert dans 126 sites. L’intégration du service de prévention de la transmission mère-enfant a permis à 17.322 femmes enceintes admises à la consultation prénatales à connaître prénatale à connaitre leur statut sérologique et à suivre 544 femmes positives dont la plus de 97% d’entre elles ont donné naissance à des enfants séronégatifs c’est-à -dire sans virus du Sida. Toutefois des efforts importants restent à faire.
En effet, Mesdames et Messieurs les données récentes sur les connaissances, attitudes et pratiques des femmes congolaises gestantes et ayant accouchées sur la Prévention de la Transmission Mère Enfant attestent que 53% d’entre elles ne connaissent pas ce programme, 30% seulement connaissent leur statut sérologique, d’autant plus que le dépistage n’est proposé qu’à 69% des femmes gestantes.
Des médiateurs traditionnels véhiculent les informations sur la prévention lors des mariages coutumiers.
Une ligne téléphonique gratuite délivre des informations, des conseils et oriente vers les centres de dépistage et de prise en charge.
Une stratégie mobile de dépistage gratuit est mise en place depuis 2009, complétant les kermesses Sida-vacances.
La gratuité des examens de dépistage et de suivi biologique est acquise et de plus en plus effective sur toute l’étendue du territoire national.
Dans le cadre des droits humains, le Congo s’est doté d’une loi reconnaissant les droits et devoirs des personnes vivant avec le VIH.
Mesdames ;
Messieurs ;
Chers compatriote ;
Tous ses progrès s’inscrivent dans la perspective de l’élimination des obstacles qui continuent d’entraver l’extension, la mise en place des services VIH efficaces afin d’établir une riposte encore plus efficace, plus équitable et durable. C’est pourquoi, notre stratégie nationale s’organise autour de la prévention secondaire que constitue le dépistage d’une part et de l’autre sur l’amélioration de la qualité de la prise en charge.
Mesdames et Messieurs,
L’adoption récente de la stratégie nationale de la promotion de la santé m’incite à inviter toutes les parties prenantes de la lutte contre le fléau du VIH/Sida à agir en amont de la prévention et du traitement. En effet, les données de l’étude réalisée en milieu scolaire en 2011 portant sur les connaissances des jeunes face au VIH/Sida prouvent qu’il convient d’agir sur deux périodes cibles :
-La première période cible est celle de l’enfance scolarisée avant le début de l’activité sexuelle,
-La seconde est celle qui va du début de l’activité sexuelle à la fidélisation en couple.
Cette période est caractérisée par des connaissances limitées sur les comportements et pratiques à haut risque, notamment :
-Une précocité des rapports sexuels à 13 ans pour les filles et 14 ans pour l’ensemble des élèves,
-Un multi- partenariat pour 28% des jeunes scolarisés,
-Un usage très insuffisant du préservatif par 41% des élèves qui d’ailleurs n’en usent que irrégulièrement,
-Une fréquentation des professionnels du sexe pour 48% des garçons et un monnayage de l’acte sexuel pour 18% des filles,
-Un visionnage des films pornographiques pour 85% des filles,
-L’abstinence n’est un mode de prévention du VIH/Sida que pour 38% des jeunes scolarisés,
-Les questions relatives à la sexualité demeurent taboues. En effet, 14% seulement des enfants ont échangé sur le VIH/Sida avec leur parent, alors que 54% en ont été informés par l’école et 44% par les médias et seulement 10% par les centres de santé.
Ces données factuelles et probantes nous interpellent tous. Aussi, pour l’année 2012, année de santé institué par Monsieur le Président de la République, j’instruis toutes les parties prenantes et plus particulièrement, le SEP/C NLS, la Direction de l’hygiène et de la promotion de la santé, le Programme National de Lutte contre le Sida de proposer une série d’interventions sur le thème de la sexualité sans risque pour les jeunes. Ces interventions viseront à agir en amont de la prévention et du traitement du VIH/Sida sur la réduction du risque d’exposition par une approche multisectorielle avec les ministères en charge de la jeunesse, de l’enseignement secondaire, du sport, de la culture, des loisirs et de la famille, ainsi que les institutions non gouvernementales œuvrant dans le domaine de l’enfance.
Mesdames, Messieurs, Chers compatriotes,
Je vous invite à saisir les opportunités existantes parmi lesquelles l’existence des préservatifs, la gratuité des services de prévention de la transmission du virus du Sida de la mère à l’enfant, du traitement des infections sexuellement transmissibles, du bilan biologique et du traitement anti rétroviral.
Leaders d’opinion, leaders religieux net communautaires, Organisations Non Gouvernementales et organisations à base communautaire, partenaires au développement, cadres, ouvriers, corps habillés, femmes, hommes et jeunes tout en vous adressant mes vifs remerciements pour votre contribution à la lutte contre le Sida, je vous convie à plus de responsabilité par :
-L’adoption des comportements et pratiques sexuelles à moindre risque dans le cadre de la promotion de la santé,
-La vulgarisation des messages de prévention et de la non-discrimination.
Sur cette invite, je déclare lancée les activités de la Journée Mondiale de lutte contre le Sida.
Je vous remercie.